69 Année Érotique
Jean
d'Hugues
A propos de l'oeuvre :
69 Année Érotique
Nous avions eu si froid pour faire la pochette de "Je t'aime... moi non plus" que quelques jours plus tard, j'ai proposé d'aller faire une autre séance encore sur les quais, mais cette fois du côté du pont d'Austerlitz.
Nous avions très peu d'images de la prise de vues sur le Pont Alexandre III. Il s'agissait donc de compléter le reportage. Mais cette fois encore, il ne faisait pas très chaud, et le ciel était couvert. Personnellement j'aimais bien ce genre d'éclairage, mais je sentais que Serge et Jane faisaient de gros efforts pour avoir l'air détendus. Heureusement Jane avait ce long manteau noir qui la protégeait un peu. Je trouvais son petit panier attendrissant. Ils se serraient l'un contre l'autre comme des jeunes mariés.
En fin de compte, je suis heureux d'avoir pu "mettre en boite" des images tellement éloignées de celles, plus provocantes, qu'ils allaient donner d'eux-mêmes, enfin surtout Serge.
A propos de l'artiste :
Jean
d'Hugues
Naître à la Réunion, y passer les 7 premières années de sa vie, puis encore 4 ans à Madagascar, et toute votre vie restera imprégnée d’une sorte de nostalgie des tropiques, des pays épicés qui marquent à tout jamais. C’est ce qui est arrivé à Jean d’Hugues à qui son retour en Métropole parut terriblement fade. Aussi, dès qu’il put trouver l’occasion de repartir il le fit, mais avec un appareil photo à l’épaule. Toute son enfance, il avait aimé la photo et jouait avec le vieux Kodak à soufflet de ses parents. Mais le choc décisif fut la découverte des Autochromes Lumière, la première émulsion couleur commercialisée avec son grain et ses vibrations très impressionnistes. Il avait voulu être peintre, il a été journaliste (rédacteur) pendant quelques années et brusquement, il décida de tout laisser tomber pour se consacrer à la photo. Toujours avec ce goût de l’image «à grain» qui a développé chez lui presque une théorie de l’imperfection de l’image. «Une image ne doit pas tout dire, elle doit laisser un peu de place au rêve» répète t-il volontiers. Les photos de Jane Birkin en sont un bon exemple. Il a toujours évité le Kodachrome et sa perfection glacée. Jean d’Hugues a finalement eu deux carrières, (il déteste ce mot) parallèles: photos de voyages sans aucune prétention ethnologique, et photos d’artistes, grâce à l’écrivain Louis Nucéra, alors attaché de presse des disques Philips qui l’envoya la première fois photographier un jeune qui commençait à faire parler de lui, un certain Serge Gainsbourg.
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