A propos de l'oeuvre :
Larmes de verre, 1932
Man Ray aime à le répéter : ce sont ses fantasmes qu’il photographie. En 1932, il réalise « Les Larmes ». En gros plan, Man Ray photographie un œil. Les longs cils maquillés nous indique ,sans équivoque, que c’est bien l’œil d’une femme ,en pleurs, les larmes étant figurées par des perles de verre.
Depuis sa rencontre avec son assistante et amante Lee Miller en 1929, les photographies de l’artiste se font explicitement érotiques lorsqu’elles ne sont pas pornographiques. Alors qu’à la même époque l’œuvre de Sade est redécouverte, Man Ray met en scène des femmes attachées, torturées…des femmes sexualisées qui souffrent. Au-delà de l’hommage à Sade et des références à ses propres fantasmes, le photographe surréaliste traite du thème éternel de Eros et Thanatos, quand désir et pulsion de mort ne font qu’un.
YellowKorner et l'ADAGP sont heureux de pouvoir éditer une œuvre de Man Ray. Au vue de son caractère historique, cette photographie n’est pas numérotée et elle est proposée en libre tirage.
Reproduction photographique / Man Ray - Larmes de verre, 1932.
© Man Ray Trust / ADAGP, BI, Paris 2010
A propos de l'artiste :
Man
Ray
Emmanuel Rudzitsky, futur Man Ray, est né en 1890 à Philadelphie (U.S.A). Dès ses études secondaires, il étudie le dessin libre et le dessin industriel. En 1912, c’est en tant que dessinateur publicitaire que Man ray fait ses débuts dans la vie active. Alors qu’il prépare sa première exposition de peinture en 1915, Man Ray n’est pas satisfait des reproductions professionnelles qu’on lui présente. Il se lance donc dans la photographie pour répondre à ses propres critères d’exigence et devient bientôt un photographe virtuose.
«J’ai commencé par être peintre. En photographiant mes toiles, j’ai découvert l’intérêt de leur reproduction en noir et blanc. Un jour, j’en suis venu à détruire l’original pour ne garder que la reproduction. A partir de là, je n’ai jamais cessé de croire que la peinture est une forme d’expression dépassée, et que la photographie la détrônera quand le public sera visuellement éduqué… Pour moi, une chose est sûre- j’ai besoin d’expérimenter sous une forme ou une autre. La photographie m’en donne le moyen, un moyen plus simple et plus rapide que la peinture.»
Pour le peintre aux tendances modernistes qu’était Man Ray, la photographie devient le mode d’expression de l’Art moderne par excellence. La technique se substitue à l’artiste pour les notions de représentation et ce dernier, libre de ces contingences, peut explorer de nouveaux modes d’expressions. Il se rapproche de la branche américaine du mouvement Dada mais conclura dès 1920 que Dada ne peut vivre à New York.
C’est en 1921, qu’il débarque à Paris et dès le soir de son arrivée, Marcel Duchamp introduit le photographe auprès des artistes surréalistes Aragon, Breton, Eluard… En 1925, Man Ray participe avec Arp, Ernst, Masson, Miro et Picasso à la première exposition surréaliste. Pendant 30 ans, alors qu’il est basé à Montparnasse, l’artiste révolutionne l’art photographique. Il décède à Paris en 1976. Inhumé au cimetière de Montparnasse, l’épitaphe Unconcerned, but not indifferent (Détaché mais pas indifférent) est inscrite sur sa tombe.